Gabon : Oligui Nguema hausse le ton contre les immeubles et chantiers laissés à l’abandon à Libreville

À l’occasion de son discours à la Nation, prononcé le 16 août 2026 à la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance, Brice Clotaire Oligui Nguema a interpellé les propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés qui jalonnent les principaux axes de Libreville. Le chef de l’État entend imposer davantage de responsabilité aux propriétaires concernés et n’exclut pas le recours à la réquisition pour cause d’utilité publique, dans le respect des dispositions constitutionnelles et du droit de propriété.
Le président veut accélérer la transformation de Libreville
Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’état de certains bâtiments et chantiers abandonnés n’est plus compatible avec l’image que le Gabon souhaite donner de sa capitale. Le président de la République a ainsi appelé les propriétaires concernés à prendre leurs responsabilités, estimant que l’entretien et l’achèvement des constructions participent également à l’attractivité et à la sécurité de la ville.
Cette volonté intervient alors que Libreville pourrait être appelée à accueillir un prochain sommet de l’Union africaine. Un tel rendez-vous continental nécessiterait, selon le chef de l’État, une capitale capable de répondre aux exigences d’un événement de cette envergure.
Des obligations rappelées aux propriétaires
Le message présidentiel s’adresse particulièrement aux propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés situés le long des grands axes. « Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations envers la collectivité », a rappelé Brice Clotaire Oligui Nguema, invitant les concernés à mettre fin aux situations d’abandon qui perdurent parfois depuis plusieurs années.
Au-delà de la question esthétique, le chef de l’État a également évoqué les risques que peuvent représenter certains bâtiments délaissés, notamment lorsqu’ils sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou à l’environnement urbain.
Des mises en demeure devraient être adressées aux propriétaires avant la fixation de délais pour l’achèvement des travaux. Les modalités précises de cette opération devront toutefois être définies par les pouvoirs publics.
L’État pourrait aller jusqu’à la réquisition
L’avertissement présidentiel prend une dimension plus ferme lorsque le chef de l’État évoque les mesures susceptibles d’être prises contre les propriétaires qui ne donneraient pas suite aux injonctions. « Si certains sites demeurent durablement abandonnés et portent atteinte à la sécurité, ou à l’image de notre belle capitale, l’État prendra ses responsabilités », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le président a également annoncé que le gouvernement pourrait prendre, « dans le strict respect de la Constitution et du droit de propriété », des mesures normatives permettant la réquisition de certains sites pour cause d’utilité publique.
Une éventuelle mise en œuvre devra néanmoins s’appuyer sur un cadre juridique clairement défini, compte tenu de la protection accordée au droit de propriété. Les procédures, conditions d’application et éventuelles indemnisations devront notamment être précisées par les textes.
L’embellissement de la capitale présenté comme une responsabilité collective
Au-delà des seuls propriétaires de bâtiments inachevés, Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé l’ensemble des habitants de Libreville à participer à l’amélioration du cadre de vie. Le chef de l’État a notamment insisté sur les gestes du quotidien, tels que l’entretien des habitations, des clôtures et le respect de l’espace public. Pour lui, la transformation de la capitale ne peut relever des seuls pouvoirs publics.
Cette ambition prend un relief particulier avec la perspective d’un sommet de l’Union africaine. L’enjeu, selon le président, ne serait pas uniquement de donner une image valorisante de Libreville, mais de démontrer la capacité du Gabon à accueillir un événement continental dans de bonnes conditions. « Libreville la belle doit refléter l’exigence, la dignité et l’ambition de la Ve République », a-t-il affirmé.
Les prochaines étapes permettront désormais de mesurer la portée concrète de cette directive présidentielle, notamment à travers les délais accordés aux propriétaires et le dispositif juridique que le gouvernement mettra en place pour encadrer les éventuelles mesures coercitives.



